Archive for the Uncategorized Category

D’Imago à Veilleuse

Posted in Uncategorized on 30 mars 2012 by theatreimago

Bonjour à tous,
Voilà maintenant près de deux ans que vous suivez la compagnie avec son projet « Imago » et nous vous en remercions.
Cette année, le Théâtre Désaccordé s’est lancée dans une nouvelle création intitulée « Veilleuse ».

Avec cette création, nous poursuivons notre recherche sur le théâtre d’ombre que nous avions déjà entamée sur « Imago ».
Nous vous invitons bien cordialement à suivre chaque étape de cette nouvelle histoire grâce à un nouveau blog sur lequel vous pourrez aussi inscrire votre mail et recevoir les nouveaux « billets » écrits par nos soins.
Rendez vous sur : www.veilleusedesaccorde.wordpress.com
A bientôt,
rémi pour le Théâtre Désaccordé

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Voyage autour de la marionnette en Février

Posted in Uncategorized on 19 janvier 2011 by theatreimago

Bonjour,
Nous avons le plaisir de vous convier à notre prochain événement organisé en collaboration avec le Parvis des arts, la compagnie du Funambule et l’association Ombre chinoise. Ensemble, nous avons organisé un « Voyage autour de la marionnette » qui vous emmenera découvrir le monde marionnettique à travers des spectacles, des ateliers et une exposition de plus 160 marionnettes d’Asie entre le 15 février et le 4 mars prochain. Des séances à l’attention des scolaires et des centres aérés ont été organisées mais aussi deux soirées « tout public » où nous jouerons Imago mais aussi le « Carnet de voyage » racontant nos rencontres en Asie du Sud est. Veuillez trouver ci dessous toutes les informations en cliquant sur l’image.

Pour le reste du programme :
-une exposition de marionnettes venues de Birmanie, de Chine, d’Indonésie … constituée par l’association l’Ombre Chinoise (Visite gratuite – 40 min)
-l’univers poétique du spectacle « Imago » (à partir de 5 ans – 50 min)
-les origines et l’histoire de la marionnette à travers « La conférence des marionnettes » (à partir de 7 ans – 30 min) par la compagnie du Funambule,
-un « carnet de voyage » théâtralisé de la tournée du Théâtre Désaccordé en Asie,
-et enfin, des ateliers d’initiation à l’ombre et à la création d’insectes imaginaires.

Vous trouverez plus de renseignements sur le contenu du spectacle sur le site du Parvis des Arts : www.parvisdesarts.overblog.com

En espérant vous revoir à cette occasion, toute la compagnie vous salue.

Pas de spectacle, mais deux musées de la marionnette à Taipei

Posted in Uncategorized on 1 avril 2010 by theatreimago

Notre voyage, nous a amené à nous arrêter 3 jours à Taipei… une durée très courte pour vraiment découvrir l’île de Taiwan. Pourtant ces quelques jours ont réussi à complètement me désemparer. Rémi a publié un billet, « lost in translation », qui illustre parfaitement mes émotions et qui vous permet de mieux comprendre comment je me suis perdue dans un miroir de poche et que j’ai fini à contre cœur au Mac do tant c’était le seul moyen de comprendre ce que je mangeais…

Ce petit stop nous a tout de même permis de découvrir un petit musée de marionnettes dans lequel nous nous sommes très vite bien senti. Grâce à son aspect non conventionnel, nous avons eu l’impression de pénétrer dans une grande male remplie de marionnettes. Ce lieu se situe dans un des plus vieux quartiers de Taipei (Dadaosheng) où les troupes de marionnettes étaient particulièrement nombreuses. Un peu à la mode lyonnaise avec Guignol, ce quartier était rempli de théâtres populaires où les marionnettes chinoises (surtout à gaine) étaient les vedettes. Aujourd’hui, ce sont les efforts conjoints d’amateurs passionnés qui ont permis la création de ce musée qui abrite aussi deux compagnies professionnelles : une compagnie qui perpétue la tradition marionnetistique chinoise et une autre qui se consacre aux formes contemporaines de la marionnette. A l’entrée, un atelier de construction donne d’ailleurs le ton : le lieu est bien vivant. Un seul membre de la compagnie était présent mais son accueil a été très chaleureux lorsque nous lui avons expliqué notre projet. Il nous a autorisé à prendre des photos et nous a offert un CD de musique traditionnelle chinoise qu’ils ont visiblement aidé à produire. Le reste de la compagnie était à l’étranger et aucun spectacle n’était programmé alors. Tout en faisant le parallèle avec Lyon dans notre tête, nous avons aperçu une affiche en Français avec le titre « La boite ». Nous nous sommes approchés et notre hôte nous a expliqué qu’ils avaient créé un spectacle avec une célèbre compagnie lyonnaise de guignol « Les zonzons ». Une fois de plus, la pratique d’un même art rapprochait les gens et les projets…

Dans le musée, des petits recoins à découvrir, des rideaux à soulever pour passer d’une salle à l’autre, des escaliers étroits qui montent presque jusqu’au grenier …, des tiroirs à tirer, des mini théâtres derrières lesquels on peut s’entrainer à manipuler, des tampons rigolos à utiliser pour garder un souvenir …

Un musée qui nous a permis de découvrir (et redécouvrir) avec plaisir la beauté des marionnettes asiatiques : vietnamiennes, taïwanaises, indonésiennes, coréennes…

 

A chaque fois, je suis séduite par ce carnaval de couleur : bleu, vert, jaune, rouge, orange, violet … aucune tonalité pastel… que des couleurs vives et assumées… Ces marionnettes sont pétillantes de beauté. Les couleurs leurs donnent vraiment un caractère, une personnalité. Elles sont sur leurs 31 et sont prêtes pour le « show ».

Je profite de cette remarque sur les couleurs pour revenir sur « Imago ». Plusieurs d’entre vous m’ont fait remarquer qu’il était dommage de ne pas avoir utilisé de couleurs dans mes marionnettes. Et pourtant l’utilisation de papier de soie, de bois, de carton quasiment à l’état brut a du sens pour moi, tout du moins pour la première phase de travail. « Imago » est ma première création théâtrale, un peu comme une esquisse, un croquis, une page qui s’écrit depuis plus d’un an sans vous lors des répétitions, dans mon atelier, dans mes rêves et avec vous lors de nos représentations, de nos échanges … Sachant que nous avons décidé d’écrire ce spectacle sur plusieurs mois, je prends le temps de découvrir mes marionnettes et ce qu’elles veulent me dire, ce qu’elles veulent transmettre aux enfants…

Trouver leur tonalité, leurs couleurs reste encore une étape à franchir.

J’avoue avoir des inquiétudes quant au fait de poser un acte artistique et de le rejouer à l’identique. Certes chaque représentation a sa part « unique » mais le canevas de jeux et les marionnettes sont les mêmes. En posant un acte de finition de mes marionnettes, j’ai peur de laisser s’éteindre mes envies de création autour d’ « Imago », comme si finir la marionnette, c’est un peu la quitter…

Revenons aux marionnettes taïwanaises, il s’agit principalement de marionnettes à fil ou à gaine, d’une hauteur de 30 à 40 cm. Les têtes sont sculptées dans du bois et les marionnettes sont vêtues de tenues très riches et façonnées avec beaucoup de finesse. Sans pouvoir leur donner des noms ou des significations, ces tenues renvoient directement à la Chine impériale, à ces citées secrètes et à ces fastes mystérieux.

Après l’exposition permanente, le musée a organisé une exposition sur l’influence de la révolution culturelle maoïste sur les compagnies de marionnettes. Rémi tente de m’expliquer la révolution maoïste, la révolution culturelle, la censure… et il m’assomme d’un coup avec un cours d’histoire… Je fais mine de tout retenir… Je retiens surtout que des milliers de marionnettes magnifiques ont été brulées et que certaines personnes n’ont pas hésité à risquer (et parfois perdre) leur vie pour en sauver quelques unes.

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez visiter leur site : http://www.taipeipuppet.com/english/index-menu.html

L’après midi, nous avons pu découvrir un second musée, le «Puppetry Art Center of Taipei» dans un grand bâtiment près du monument dédié à un Monsieur visiblement important puisqu’il a une grande statue dans un grand hall et des gardes restent immobiles à côté. Je ne sais pas s’ils veulent jouer à la statue mais ils restent tellement immobiles que quelqu’un doit venir les masser sans qu’ils bougent. Pour plus de détails, vous demanderez à Rémi, il vous assommera aussi d’un bon cours d’histoire… Si le premier musée était surprenant, le second nous a un peu déçus. Je ne sais pas si c’est le terme « Art Center » qui nous a fait espérer beaucoup mais le fond nous a semblé presque un peu pauvre par rapport à la qualité du musée du matin. Heureusement, la visite était animée par les rires d’un groupe d’enfant qui faisait une visite guidée avec de nombreux jeux de manipulations.

Nous avons tout de même pu voir des éléments nouveaux et typiques de Taiwan comme les grandes têtes de dragons pour les cérémonies et fêtes ou encore des films, genre « héroïc fantasy » avec des marionnettes. Ces films m’ont surprise et amusée à la fois car les marionnettes représentaient des personnages très sombres et qui se battent un peu aux « chevaliers du zodiaque » avec du faux sang et des décors de neige … Il semble que ces marionnettes ne connaissent pas de vie théâtrale mais seulement une vie d’animation télévisuelle.

 

Une très belle collection de marionnette d’ombre chinoise nous a également beaucoup plus. La finesse des traits de ces marionnettes, la transparence des peaux animales et le fait d’inverser les « pleins » des « vides » en comparaison aux marionnettes indonésiennes, me plaît beaucoup.

Avant mon retour en France j’aimerais travailler une « marionnette papillon » en ombre en utilisant une technique proche de celle-ci pour la prochaine version d’ « Imago ». En écrivant cela, je reviens sur mes doutes du début de l’article. Finalement, je peux mettre de la couleur et finir mes marionnettes actuelles, si je m’en lasse, j’en ferais d’autres…

Bise à vous,

Sandrine.

L’étape vietnamienne

Posted in Uncategorized on 15 mars 2010 by theatreimago

Le voyage vietnamien s’achève et je profitE d’une journée de migraine pour me poser devant mon cahier. J’ai beau changé de lieux, je garde mon corps et son petit langage bien à lui… Toutefois, après 18 jours de Vietnam, nos corps commencent à sentir les effets de notre nouvel environnement (notamment culinaire). Notre taille n’est pas devenue aussi fine que les vietnamiens mais nous avons gagné en sveltesse si bien que Sandrine ferme son pantalon avec une pince à linge… Pour ma part, je me suis contenté de serrer ma ceinture d’un cran.

Nous nous sommes donc poser dans un des nombreux parcs de Saigon. Il est 9.15 et le Parc est désert. Trois heures avant (vers 6.00 du matin), il était rempli de saïgonnais(es) de tous âges gymnastiquant, badmingtonnant, courant, s’étirant, dansant au son de musiques techno « aérobisantes ». Ils ont une sacré patate ces gens et nous avons pu assister à cette joyeuse mise en forme au sortir de 15 heures de train de nuit débarquant dans Saigon à 5.30 du matin tout cabossés par un si long voyage. Eux, ils étaient à fond ! Nous, on était à plat…


Comparée à Hanoï ou Hué, cette ville est frénétique, bouillonnante, boulimique ; et cela malgré une chaleur encore plus étouffante.



Dans ce billet, je veux vous parler du Vietnam bien sûr mais aussi de comment, au fil des jours, ce voyage nous rapproche d’Imago. Dès Hanoï, il y a eu bien sûr cette rencontre avec les marionnettes d’eau et la possibilité de revenir jouer en juin. Le Centre culturel Français envisage même de nous programmer au Festival de Hué, le plus grand Festival du Vietnam… Avec Sandrine, nous essayons de ne pas trop s’emballer mais cela serait vraiment une chance unique.

Au-delà de cette opportunité, le Vietnam nous a rapprochés d’Imago en nous faisant apprécier la proximité de notre propos avec l’univers asiatique et notamment l’univers de la Culture du Riz. Aujourd’hui encore, près de 70% des vietnamiens vivent dans les campagnes. Chaque plant de riz est enfoncé un à un par une main humaine et quand vous mettez cela en perspective avec ces immenses étendues vertes, cela paraît quasiment inconcevable que ce soient des millions de mains qui fassent cette œuvre de manière régulière, cyclique et ancestrale. Au dessous de ces millions de mains, se trouvent des millions de pieds dans l’eau. Imaginer deux secondes les mycoses, les arthroses ainsi que les millions de dos courbés sous les chapeaux coniques et votre carte postale du Vietnam devient plus lourde, plus épaisse, plus vraie.

Cette vérité n’enlève rien à leur sourire, leur regard et même leur antipathie occasionnelle (car ce ne sont pas des anges…), elle leur donne une valeur qui nous a véritablement touché.

Cette culture du Riz leur donne aussi ce sentiment d’appartenance aux éléments de l’eau, de la terre et du bois. Je pense que c’est cela qui a particulièrement plu le Directeur du Théâtre National de marionnette d’eau quand nous lui avons montré la vidéo d’Imago. Voir cet être poussé comme un végétal et devenir un homme, c’était peut être voir le Vietnam derrière les plants de riz.

Pour ma part, je n’ai pas créé le personnage d’Imago en pensant à une plante mais plutôt à un arbre. Ma mère m’avait souvent parlé du dessin de nos poumons comme d’un arbre renversé dont les bronches seraient les branches fines et touffues. Cette image me plaît toujours énormément. C’était l’idée aussi que la tête pouvait être nos racines au lieu d’être notre « sommet pensant ». Et puis, avec Imago qui débute la pièce la tête en bas, il y a le plaisir de sentir son bassin se renverser tout seul quand je me positionne en « poirier ».

Je me souviens très bien de la première fois où j’ai réussi à me mettre en poirier. C’était à Marseille, dans les jardines du Palais Longchamp et je vivais alors dans un squat affreux dans le Panier, le « squat de Lorette ». Je voulais absolument devenir comédien mais ma résolution arrivait un peu tard : à 24 ans, je me trouvais à passer les concours avec des « p’tits jeunes » de 18-19 ans tout pimpant. Parmi eux, Tonin avait fait une « formation Grotowski ». Pour les gens qui ne connaissent pas Grotowski, je précise que c’est un polonais qui a travaillé toute sa vie le métier du comédien et qui disposait pour se faire d’un « laboratoire » à Wroclaw. Bref, nous avions décidé Tonin et moi de faire les trainings ensemble pour ne pas rouiller entre deux concours. J’en avais bien besoin car 6 ans de « Sciences Po », cela coince un corps et ça ne remplit que la tête. Tonin m’apprit alors que Grotowski basait l’entraînement de l’acteur sur « l’équilibre du plateau », la série des « trépieds » et la mise en jeu du corps « vibrant ». Cela m’a beaucoup intrigué. D’autre part, je trouvais très beau de voir le bassin de Tonin s’élevait en l’air comme une montgolfière entraînant avec lui ses jambes, genoux, pieds… Je lui ai alors demandé comment on faisait et là, ce petit « m… » me dit que c’est à moi de trouver le « chemin », qu’il n’a pas le droit de m’expliquer sans quoi cela n’a pas de sens.

« Non mais pour qui il se prend ? Pour un grand maître japonais ! » Inutile de vous dire que cela m’a piqué au vif…

Et tous les jours, nous allions nous entraîner et je n’y arrivais pas. Je me tordais le cou, je tombais sur le flanc comme un enfant qui essaye de se mettre debout pour la première fois. Ma fontanelle était toute douloureuse et je malmenais tellement mes vertèbres que je me tapais des migraines carabinées. Sans parler du squat, des affaires à surveiller constamment, des scènes de concours que nous travaillions sans œil extérieur avec les chiens du squat qui nous reniflaient les fesses…

Je crois que Tonin a eu pitié de moi au bout de quelques semaines et il m’a indiqué juste un petit truc, une étape intermédiaire sans laquelle je ne pouvais pas trouver les « chemin ». Vous m’excuserez mais je ne peux pas vous dévoiler ce secret car je pense réellement qu’il faut que vous trouviez tout seul le « chemin ». Sans quoi, « cela n’aurait pas de sens », vous me comprenez j’espère.

Je ne saurais vous exprimer mon étonnement lorsque mon bassin s’éleva tout seul verticalisant ma colonne dans l’autre sens. Il n’y avait même pas besoin de forcer, de prendre de l’élan ou autre, cela se faisait tout seul ! Aussitôt, je sentais que mon corps pouvait faire des choses étonnantes et modifier profondément ma perception du monde. C’est à partir de ce moment que les choses ont vraiment commencé sur scène et chaque fois que je me renverse pour jouer Imago, je reconnecte avec cette sensation fondatrice, cette invitation au voyage de soi même. Au Vietnam et en Thaïlande, nous nous sommes amusés avec Sandrine à planter Imago dans différents endroits. La chenille aussi nous a suivis.

Je profite de cette longue digression autobiographique (vous me pardonnerez…) pour vous parler de l’équilibre du plateau car il trouve ici une application quotidienne. L’équilibre du plateau chez Grotowski consiste à définir un périmètre et à couvrir cette surface par le mouvement des comédiens(nes) s’y trouvant. Chacun d’eux doit être comme un électron instable et doit combler le vide qui se fait sans cesse entre eux. Physiquement, cela est impossible mais le sentiment d’urgence et la nécessité de bouger sans cesse réveille quelque chose d’instinctif et rend cet exercice fondamental. Bien sur, les rythmes, les qualités de mouvement et les points de concentration peuvent varier selon le meneur ou selon le groupe ; l’essentiel est que le plateau ne soit jamais « déséquilibré » comme si il était en suspens dans le vide et que son déséquilibre soit à même de faire basculer tout le groupe…

Au Vietnam, traverser la rue ou conduire relève des mêmes principes que l’équilibre du plateau : il ne faut jamais s’arrêter (principe du non arrêt), jamais se toucher (principe de l’évitement), toujours être prêt au changement de rythme (principe de mobilisation), ne pas s’occuper des trajectoires des autres et ne s’occuper que de la sienne sous peine de modifier les anticipations adaptatives de tous les autres membres du plateau (principe de confiance ou principe de Karma, vous choisirez…) et enfin avoir de nombreux points de concentration en même temps (principe de simultanéité). C’est si vrai que les villes ressemblent à une horloge en mouvement perpétuel et que l’expression « mouvements pendulaires » inventée par les géographes urbanistes a du être inventé en Asie.

Toutefois, au cœur de ce mouvement, on trouve des endroits où règnent la sérénité et le silence juste dérangé par des cris d’oiseaux étonnants. Pour moi, c’est des paradoxes les plus charmants. Je ne l’avais pas réalisé mais dans ma tête de petit européen, j’associais l’Asie tantôt avec une foule immense et submergent tantôt avec les estampes éternelles de lieux tout aussi éternels… En fait, ces deux associations se côtoient quotidiennement ici. Sur la route, c’est très marrant. Nous chevauchons notre scooter dans un vacarme de Klaxons, de scooters zigzagant, en contresens, des camions énormes, des bus à deux étages… et, arrivés à destination, nous nous retrouvons dans des pagodes, des mausolées impériaux, des temples où le temps se fige. L’eau, la terre, les jardins, l’architecture se marient harmonieusement et nous avons l’impression d’être seuls au monde au milieu des oiseaux. Comme nous partons souvent très tôt le matin pour éviter la chaleur étouffante (vers 6.00), nous sommes souvent les premiers sur les lieux. Seuls les agents d’entretien mangent leur « Pho » matinale (soupe aux nouilles qui agrémente toutes les pauses repas au Vietnam). Puis, nous reprenons le scooter et le vacarme reprend aussitôt…

Ce sont dans ces lieux de calme extrême que je pense au troisième pilier de l’entraînement Grotowski (non, non je ne vous lâcherai pas avec mon bon Jerzy…) : réveiller le corps « vibrant ». Si nous nous laissons faire, si nous déconnectons un temps le cérébral en le laissant faire le « singe » à l’étage, notre corps devient une feuille blanche où les perceptions s’impriment sur nos émotions. C’est sûrement cela que le langage courant désigne par le mot « impression ». Nous devenons un bol vibrant à l’heure de la prière et nous faisons réellement parti d’un tout. Ce n’est pas la peine d’appartenir à une religion pour ressentir cet état de disponibilité, cette confiance intime. C’est un état simple, certains jours impossibles à convoquer. Ce sont les quelques seconde de silence qui précède le début d’une pièce, c’est le calme nécessaire pour accomplir les grands projets.

Je vous embrasse et vous laisse avec toutes ces facettes du Vietnam qui font que ce pays n’est pas un bloc monolithique mais bien un foisonnement éclatant.

Bise, rémi

 

Découverte de la ville d’Hanoï et de ses fameuses marionnettes d’eau

Posted in Uncategorized on 11 mars 2010 by theatreimago

Nous arrivons la nuit très tard à Hanoï et une mauvaise expérience lors d’un atterrissage mouvementé m’a rendu malade. Pendant le trajet du mini bus vers l’hôtel et malgré un état second, je découvre quelques images : des rizières, des centaines de mobylettes et de voitures qui klaxonnent dans tous les sens, des gens qui parlent très fort (un pays surement fait pour Rémi !), des lampions rouges, des toutes petites ruelles dans lesquelles s’engage notre bus à toute vitesse, des dizaines de personnes qui mangent dans les rues assis sur des petites chaises en plastique bleu…

Nous arrivons au « North hotel I» qui est tenu par un ancien médecin militaire parlant un français avec très charmant accent. Il nous attendait et avait allumé la télé sur TV5 Monde la seule chaine française qu’on peut capter ici, dans notre chambre. Je me plonge dans le lit avec toutes ces premières images déjà si intrigantes et je m’effondre dans un sommeil très profond dans la chaleur moite du Vietnam.

Nos premiers pas dans la ville d’Hanoï au petit matin, déjà en pleine activité depuis 6 heures, furent vraiment ceux qui me restent dans le cœur. Je n’ai pas rêvé hier soir, je suis bien à des centaines de kilomètres de mes images familières provençales … Après avoir pris un excellent petit déjeuner (œuf frit, banane, baguette et confiture à la mangue, papaye et banane), nous nous retrouvons directement dans le quartier des 36 corporations. Ce quartier est un des lieux les plus vivants que je connaisse, chaque rue a sa spécialité : les échelles en bambou, les épices, les chaussures, les souvenirs, les vêtements, le marché… Une étude est en cours pour classer ce quartier « patrimoine de l’humanité » à l’UNESCO. Pour la plus part, les petites échoppes sont en fait la prolongation des maisons. Les moments de repas se font dans la rue du petit déjeuner au diner. Comme je vous le disais, la vie ici commence très tôt par contre dès 22 heures tout le quartier s’éteint. Je pense que nous allons devoir essayer de nous adapter à ces horaires (ou peut être caler une petite sieste au milieu pour nous permettre d’être au frais du ventilateur pendant les heures les plus chaudes …).

Ces premières heures me renvoient au doux visage rêveur de Marine évoquant « Hanoi » avec beaucoup de discrétion, comme si les mots n’étaient pas nécessaires … cette ville l’avait marqué et elle savait déjà l’effet que cela produirait sur moi … aujourd’hui je comprends pourquoi. 

Sans vous en dire plus, je vous laisse découvrir ces quelques photos …

2 Petites précisions pour visionner les diaporamas : ceux qui reçoivent directement les articles sur leur mail peuvent voir la video directement à cette adresse : http://www.youtube.com/watch?v=o776aJ7JPwY

D’autre part, vous pouvez les regarder en plein écran, la qualité devrait normalement être suffisante.

Très vite, nos pas nous mènent au lac Hoan Kiem. Ce lac, en plein cœur de la ville, est un vrai lieu de détente pour tous du petit matin (avec la gymnastique et les étirements) au soir où les amoureux viennent sur le petit pont rouge éclairé. La journée nous pouvons aussi découvrir de nombreux couples de mariés et leurs photographes qui viennent immortaliser leurs jolies tenues (nous avons néanmoins observé au moins deux mariées en basket et jean sous leur robe…). Plus tard, nous découvrirons d’autres lacs plus vers le nord d’Hanoi où les mêmes scènes se reproduisent à la seule différence que ces lacs plus grands ont des pédalos en forme de cygne tellement plus romantiques …

Le lac fut également le lieu où nous avons pu repérer la salle de théâtre de marionnette d’eau (www.thanglongwaterpuppet.org). Nous prévoyons immédiatement le moment où nous allons nous y rendre. Nous irons demain soir à 20h. De nombreuses personnes achètent les billets avec nous et notamment de nombreux vietnamiens.  Ce spectacle serait il plus accessible ? En tout cas le prix le confirme (60 000 Dong par personne soit environ 4 euros pour 2 personnes).

Nous sommes maintenant assis dans le théâtre. La salle est pleine, cela fait vraiment plaisir à voir. Il n’y a pas de rideau, nous sommes directement face au décor et notamment la scène : une grande piscine verdoyante. La « chambre des montreurs » trône au dessus de l’eau. Il s’agit d’une petite pagode (construction) de 6m sur 6m que vous voyez en fond de scène, c’est le lieu où sont entreposés les marionnettes et où les marionnettistes exécutent leurs manipulations cachés derrières des stores de canisses.

Sur le coté de la scène les instruments de musique sont en place : la grosse caisse, les tambours de tailles diverses, les tambourins, les crécelles, le mono corde, les cymbales…

Il y a 2 ans, je découvrais les marionnettes d’eau sur un petit film amateur sur Internet et maintenant je suis tout proche du but, je vais enfin découvrir cette pratique si unique en son genre.

A 20h précise, les musiciens entrent en scène et une bande sonore nous souhaite la bienvenue en vietnamien, anglais et français (le français reste encore une langue très présente notamment écrite). Les musiciens nous font découvrir leurs instruments et la musique traditionnelle (notamment le mono-corde au son splendide). La musique tient une place très importante dans ce type de spectacle. A la base, la pratique de ce type de théâtre était sans parole.

L’eau se met à vibrer et nous entendons des paroles de derrière les canisses. Les marionnettistes se mettent en place.

Je suis impatiente et très curieuse de voir de quel côté les premières marionnettes vont sortir. Celles-ci se font un peu attendre pour maintenir le suspens. Je guète les moindres petites vibrations de l’eau. Une première marionnette sort de derrière les canisses. Le spectacle commence …

Il s’agit en fait de plusieurs scénettes variant de 1 à 7 minutes représentant des scènes de la vie quotidienne : travaux agricoles, chasse aux grenouilles, pêche, course de pirogues … ou des scènes fortement imprégnées des contes et légendes vietnamiennes : la danse des immortelles, la rencontre amoureuse de deux phœnix, la danse des quatre animaux divins (phœnix, dragon, licorne et tortue d’or), la légende de l’épée replacée au fond du lac par la tortue légendaire…

Je suis sous le charme de ce spectacle. Les images qu’il m’évoque correspondent tellement à ce que je découvre du Vietnam : une authenticité, une finesse d’humour et une simplicité d’une grande beauté. Les images qui nous sont présentées nous invitent à prendre le temps d’observer, à nous laisser guider par les formes sans trop attendre de l’action ou de l’histoire. Même si nous ne comprenons pas les paroles chantées des narrateurs (assis à coté des musiciens), nous sommes touchées, émues, amusés par les situations.

Les différents tableaux nous maintiennent en attente d’une suite et de l’arrivée de nouvelles marionnettes qui renouvellent en permanence nos découvertes. La musique semble faire danser ces marionnettes et le bruit des clapotis de l’eau rafraichit l’ambiance générale. Le rythme très enjoué de la musique provoque une manipulation un peu trop rapide à mon goût et j’aurais aimé quelques petits passages un peu plus calmes pour observer des mouvements plus lents, plus intenses. Je me laisse cependant volontiers embarquer dans la proposition et je regarde le spectacle avec de grands yeux.

La présence de l’eau semble tellement évidente au Vietnam et même si à ce moment de notre voyage nous n’avons pas encore vraiment exploré les campagnes alentours, nos futures découvertes confirmeront rapidement l’évidence de sa présence (Baie d’Halong, grotte de Tam Coc …) Fleuves, lacs, rivières, étangs, rizières, mer font partie de la géographie de ce pays. La nature a instauré ici un dialogue entre la terre et l’eau tout a fait particulier. De nombreuses formes artistiques semblent prolonger ce dialogue des éléments : les peintures en bois laqué, les estampes, la calligraphie et bien sûr les marionnettes d’eau.

Pour ce qui concerne la fabrication des marionnettes et la manipulation, les marionnettes sont fabriquées en bois léger, consistant et résistant à l’eau mais suffisamment tendre pour faciliter la taille (il s’agit du bois de sung ou ficus glomerata). Les marionnettes mesurent entre 30 à 100 cm et pèse entre 1 à 5 kilos. Pour la plupart, leurs bras et leurs cous sont reliés au corps par des bandes de caoutchouc (en abondance ici avec l’Hévéa) ou par des articulations sculptées à même le corps. Les marionnettes sont installées sur des flotteurs au bout de perche (3,5 à 4,5 m) que les marionnettistes manipulent derrière le rideau de canisses (dans la « chambre des montreurs »). Les mouvements impulsés par les marionnettistes vont de droite à gauche, d’avant en arrière et de haut en bas, bercés sur l’eau, provoquant en grande partie les gestes naturels des marionnettes. Certaines perches plus complexes sont complétées par des jeux de cordes et des techniques astucieuses qui permettent aux marionnettes de faire des mouvements plus précis ou plus amples. Par exemple lors de la danse des immortelles (fées), celles-ci lèvent les bras pour danser.

Mais notre découverte des marionnettes d’eau ne s’est pas arrêtée là … Grâce à l’aide de Jean-Pierre Labat, un expatrié français que nous avons rencontré sur son blog (http://vietnampapyjp.uniterre.com/) et grâce à sa forte motivation, celui-ci a réussi à nous organiser une rencontre avec le directeur du Théâtre National de marionnettes du Vietnam (www.vietnampuppetry.com). C’est donc après la découverte des splendides paysages de la Baie d’Ha Long que nous avons découvert les secrets du théâtre de marionnette d’eau.

C’est à 8h30 du matin que Jean Pierre et deux guides interprètes français adorables : Anh et Ninh (www.vietlanddiscovery.com) avec qui il travaille depuis quelques temps, que nous nous sommes rendus dans la banlieue d’Hanoï pour rencontrer Monsieur Vuong Duy Bien. Au cours de cet entretien, nous avons pu présenter notre projet et montrer la démo vidéo d’Imago. Nous avons pu évoquer les similitudes entre le spectacle de marionnette d’eau que nous avons découvert et Imago (le volume des marionnettes, la création de différents tableaux, le rapport entre les éléments …)

Puis nous avons eu le grand plaisir d’être invité à découvrir, en compagnie de l’assistante du directeur, l’envers du décor du théâtre de marionnettes d’eau en nous rendant dans la chambre des montreurs et en nous rendant dans les ateliers de fabrication.

Inutile de vous préciser que ce moment fut vraiment un moment inoubliable. Les créateurs de marionnettes étaient tous surpris de nous voir arriver un peu à l’improviste dans les ateliers et pourtant ils nous ont accueillis avec beaucoup de gentillesse. Ma grande admiration semblait les surprendre un peu comme s’il n’avait plus conscience du merveilleux métier qu’ils étaient en train de réaliser.

En passant derrière le rideau de canisse, j’ai découvert quelques petits secrets que j’ai promis de garder pour moi à l’assistante … Il faut s’avoir qu’autrefois les artistes appartenaient à des corporations et que les nouveaux manipulateurs devaient prêter serment de ne jamais divulguer le secret professionnel de la corporation sous peine de périr « pour une génération de père et trois générations d’enfants » (cf. ouvrage de Nguyen Huy Hong « Les marionnettes sur eau traditionnelles du Vietnam »).

Par conséquent, consciente de l’immense privilège, je vais garder précieusement mes découvertes et me contenter de vous montrer quelques petites photos qui illustreront déjà bien la beauté de ces dessous …

Photos prises dans les ateliers de fabrication :

Photos prises depuis la chambre des montreurs :

 

A la suite de cet entretien et grâce à la qualité de nos échanges, nous sommes actuellement en train d’organiser notre retour à Hanoi début juin, pour venir présenter « Imago » au directeur, aux marionnettistes et aux enfants vietnamiens. Cet échange autour du plateau nous permettrait de voir concrètement si un échange pourrait s’envisager avec ces techniques qui me séduisent déjà tant. Pourquoi pas faire deux espaces scéniques au spectacle Imago … un sur terre et un sur l’eau …

A suivre,

Sandrine

 

 

 

 

 

Des sons et des images… de Thaïlande

Posted in Uncategorized on 8 mars 2010 by theatreimago

Bon, nous sommes au Vietnam depuis 9 jours et je vous envoie encore des images et des sons de Thaïlande ! Mais je vous l’avais tellement promis dans le dernier article que je me suis acharné à finir ces petits diaporamas. N’oubliez pas de mettre le son car ce que vous entendrez est directement issus des endroits où nous sommes allés.
Je me suis acharné à finir ces films aussi car c’est pour moi un petit hommage à mon bel i phone qui nous rendait tellement service : téléphone, balladeur, enregistreur, réveil, calandrier, calculatrice… c’était un couteau suisse numérique… Et bien cette 9 ème merveille du monde a fini au fond de la poche d’un autre au coeur d’autre merveille du monde appelée « les grottes de Tam Coc » ou la baie d’Halong terrestre. C’est un paysage de pain de sucre que nous avons traversé sur un petit bateau au milieu des rizières, je crois que même la Baie d’Halong ne m’a pas autant plu… Tout simplement magnifique ! En remettant mon sac, nous avons entendu un plouf sourd et direct. J’ai espéré une seconde que ce soit une grenouille mais non, il fallait se rendre à l’évidence… Nous avons tout de même sauvegarder des sons du Vietnam que nous vous proposerons bientôt. Nous sommes aussi en train de finir le prochain article sur les marionnettes d’eau, nous avons énormément à vous raconter à ce sujet.
Nous vous embrassons tous les deux depuis Hué, la cité impériale du Vietnam.
rémi et Sandrine.


Prises de vue dans le Vieux Sukhotaï, première capitale du Royaume Thaîlandais.
Son issu du lieu avec la cloche du Roi Ram Khaeng réservée pour appeler le Roi afin qu’il statue les différends entre les citoyens.


Le Ramakien est présent dans de nombreux monuments de la Thaïlande « moderne ». Désaccordé propose quelques prises de vue sur cette présence mythologique dans de nombreux arts (peinture, sculture, théâtre).
Le son est pris d’une représentation de théâtre traditionnel thaïlandais appelé « Khon ».


Prise de vue de diférents temples Thaïlandais dans le cadre du voyage. Le son est pris directement dans le Wat de Phitsanulok durant la priere de 18h.

Le voyage commence avec vous

Posted in art, indonésie, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre, Uncategorized on 30 novembre 2009 by theatreimago

Ca y est ! Nous avons enfin réalisé une présence sur Internet ! Depuis le temps que nous croisions des personnes qui nous disaient « Mais vous avez un site ? on peut voir vos réalisations sur internet ? »
Ah, Internet ! Magique Internet ! Maudit Internet ! mangeur boulimique de temps et extraordinaire outil d’échanges.
Ca y est, nous avons fait le pas et nous pouvons vous écrire, adhérents, public, visiteurs curieux, famille, amis…

Nous serons deux à écrire ce carnet de route : Sandrine et moi, Rémi. Les deux partenaires de scène seront aussi des partenaires de plume. Nous partageons cette même envie de vous porter avec nous à travers ce voyage, à travers nos rencontres, à travers toutes les transformations que notre création va subir avant de revenir devant vos yeux.

Vous nous avez porté par votre soutien, à nous de vous emporter au loin.

Bien à vous,

rémi