Archive for the ombre Category

Nouvelle Vidéo d’Imago

Posted in art, indonésie, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre, voyage on 3 septembre 2010 by theatreimago

Vous pouvez découvrir la nouvelle bande démo sur la version finale d’Imago que nous avons joué à Yogyakarta avec Ria, la marionnettiste indonésienne chez qui nous étions en résidence tout le mois de mai.

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De retour

Posted in art, indonésie, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre on 31 juillet 2010 by theatreimago

La compagnie est rentrée depuis le 16 juin et nous organisons actuellement les rendez vous de la saison prochaine.

Pour ceux qui rejoignent ce blog, nous avons édité un document retraçant nos différentes étapes de la tournée d’Imago en Asie du Sud est. Vous pouvez le télécharger grâce au lien ci-dessous.

Imago en Asie du Sud est

A notre retour, nous souhaitions aussi fabriquer un support de présentation qui ressemble au spectacle. Sandrine et Francine ont alors conçu un dossier de présentation illustré en forme de papillon. Nous vous invitons à le découvrir ci dessous.

Dossier de présentation Imago

Pour la saison prochaine, des dates sont d’ores et déjà fixées avec certains de nos partenaires :

Les vendredi 8 et samedi 9 octobre 2010, nous serons présents à la Salle Jean Jaurès de Gémenos avec un exposition sur nos rencontres asiatiques, des représentations d’Imago ainsi qu’un « carnet de voyage » théâtralisé que nous sommes en train d’écrire.

Le Samedi 23 octobre à 15h, Imago sera accueilli à l’Espace Bellegarde à Aix en Provence pour une représentation unique.

-Enfin, le Parvis des arts (Marseille) accueillera Imago durant trois semaines entre le 12 février 2011 et le 6 mars. Durant cet accueil, nous présenterons aussi l’exposition sur nos rencontres asiatiques ainsi que le « carnet de voyage » théâtralisé lors de représentations tout public.

N’hésitez pas à nous téléphoner pour plus de renseignements au
06 31 98 20 73 ou inscrire votre mail sur la droite.
A bientôt.

Une semaine à l’Institut Seni Indonésia

Posted in art, indonésie, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre, voyage on 4 mai 2010 by theatreimago

Comme vous l’a précisé Rémi dans notre dernier article, après une semaine de détente, il nous fallait nous remettre au travail pour préparer notre workshop avec les étudiants de l’université de l’ISI (Institut Scénique Indonésien). Après une longue discussion concernant le thème de notre atelier et la manière de l’organiser, nous nous mettons d’accord sur le fait que nous souhaitons poursuivre avec les étudiants notre interrogation sur les différents types de métamorphoses et sur la manière de l’exprimer à travers le spectacle vivant. Avec Imago, nous interrogeons la métamorphose de plusieurs manières comme par exemple la métamorphose du comédien sur scène, la métamorphose des sens, des émotions mais également le changement et l’évolution de la scénographie, des matières….

J’ai eu envie d’axer plus particulièrement le workshop sur le questionnement des « sens ». L’étape de métamorphose se faisant bien souvent dans un espace clos, un cocon, une chrysalide, j’avais envie que les étudiants pénètrent dans un espace pour développer un imaginaire. Pour cela, j’ai proposé à Rémi la réalisation de différentes boites dans lesquelles les participants pourront glisser leur main, les yeux bandés. Nous inviterions ensuite les participants à imaginer qu’à travers ce ressenti, ils peuvent imaginer le cocon qui les entoure et créer l’être qui va en sortir. Nous leur laisserions ensuite choisir la forme de représentation qu’ils souhaitent utiliser pour exprimer leurs premières sensations à travers le masque, la danse, le théâtre, la marionnette, l’ombre …

Afin de diversifier le travail et sachant que nous voulions faire travailler les étudiants en groupe, il nous a semblé intéressant de proposer plusieurs boites pour avoir des propositions et des axes de recherche différents. La recherche des matières à utiliser et la fabrication des boites nous a pris tout le week-end mais nous étions contents de passer ce moment de recherche ensemble. Il fallait nous voir dans le grand magasin « Robinson » à tourner et retourner dans les rayons cherchant nos matières ou encore dans notre chambre d’hôtel transformée en atelier de bricolage…

Afin de vous faire rentrer dans la confidence, en voici leur contenu :

  • Une boite avec des fils de fer entortillés pour nous permettre de travailler avec une matière moderne, froide au touché et rappelant une cage, un enfermement,
  • Une boite avec des ficelles et de la laine entrecroisées et des parties molletonnées rappelant le confort d’un cocon, d’un espace douillet et en même temps dans lequel il est difficile de se mouvoir,
  • Une boite avec des graines de tailles différentes rappelant un espace granuleux, minéral et également permettant de travailler sur une notion d’espace trop plein, amovible au contact de la main,
  • Enfin, une boite avec de l’eau et des morceaux gélatineux pour travailler l’univers aquatique, visqueux.

Une fois nos boites prêtes, David et Natacha nous ont rejoints pour nous aider à les transporter jusqu’à la maison d’Audrey. Là aussi, vous auriez dû nous voir sur nos mobylettes complètement surchargées avec des boites les unes empilées sur les autres. Si nous n’avions pas vu les Vietnamiens et les Indonésiens faire des transports hallucinants, nous n’aurions jamais osé transporter des objets aussi encombrants sur notre petite mobylette. Mais je vous assure que quand on a vu un vietnamien porter sur son vélo en même temps une armoire, deux chaises, une table basse, tout vous semble possible !

Dès le lendemain matin, nous nous rendons à l’université pour découvrir notre nouvelle salle de représentation. Nous découvrons une salle et une scène immense avec une importante capacité d’accueil. Rémi et David sont très heureux à l’idée de pouvoir installer une technique lumière un peu plus importante qu’à Tampak Siring. Ils seront très vite déçus en découvrant qu’ici, on ne déplace pas les projecteurs et qu’on ne modifie pas le programme lumière une fois qu’il est installé. Après une grande négociation, Rémi réussira tout de même à faire installer quatre gros projecteurs de 1000 watt pour les faces chaudes et froides de notre spectacle.

Quand à moi, je suis un peu inquiète par rapport à la visibilité des marionnettes car les sièges sont très éloignés de la scène. Très vite, nous décidons de remanier la salle en rapprochant le plus possible les chaises de la scène. Cependant, nous n’avons pas vraiment pu faire comme nous le souhaitions car il convient de respecter certains codes ici et notamment en laissant le premier rang pour les « gurus » (les professeurs et personnes importantes). Nous étions un peu désemparés à l’idée de laisser ce premier rang de fauteuils bien confortables avec tables basses privatives, laissant les enfants derrières sur de grandes chaises et ne voyant pas grand chose… mais nous devons respecter le protocole.

Pendant toute la journée, nous installons notre espace de jeu et nous apprenons à découvrir cette salle en compagnie de David et Natacha. Natacha se lance dans un grand reportage photo sur notre installation…

L’heure de représentation s’approche, la salle est assez vide mais nous ne sommes pas très inquiets car nous avons l’expérience de Tampak Siring. A 19h, nous nous installons dernière notre écran maquillés et prêts. Là commence alors une attente interminable… Une demi heure d’attente du public et presque un très gros quart d’heure de discours sur le spectacle avec 3 interventions différentes : Audrey, le responsable du département marionnette et la présentatrice de l’université. Il fallait nous voir les jambes tremblantes, le maquillage dégoulinant sous la chaleur et la pression montante en attendant enfin notre tour … Puis le spectacle a enfin commencé. Nous retrouvions nos marionnettes, nos musiques, nos mouvements et prenions beaucoup de plaisir à jouer devant les étudiants marionnettistes. Une fois l’arbre peint en encre de chine, nous avons eu un gros problème technique : un noir total pendant 6 minutes. Même si je viens de Marseille, ces 6 minutes ne sont pas exagérées (nous avons un enregistrement vidéo qui en témoigne …) Six minutes d’impressionnant silence du public et surtout de grand vide pour David, Rémi et moi. Nous étions déconcertés par le manque de réaction des techniciens du lieu. Puis la lumière est revenue, nous avons repris le spectacle et là nouveau problème (en tout cas problème non résolu) car la lumière s’éclairait, puis s’éteignait, s’éclairait, puis s’éteignait …. Plus tard nous apprendrons qu’en fait le compteur disjonctait et un technicien le rebranchait dès qu’il sautait… jusqu’à ce qu’il découvre d’où venait le problème et donne les bonnes indications à David …

J’avoue qu’on était à deux doigts d’arrêter le spectacle, mais nous avons tenu bon, nous avons poursuivi comme si de rien n’était et nous avons bien fait car nous n’avons plus eu aucun problème par la suite. Le spectacle a été apprécié du public et des professeurs, nous avons eu leurs félicitations et leurs encouragements. Ils semblaient avoir été touchés par notre problème technique et nous ont bien précisés que cela n’avait pas eu d’impact sur la qualité du spectacle. Ces retours étaient très importants pour nous car il s’agit de regards professionnels et même si nous n’avons pas échangé longtemps, l’insistance des regards droits dans les yeux en disait beaucoup …

Nous achevions nous première étape de travail de la semaine. Le lendemain le workshop commençait et prenait la forme d’un nouveau défi pour nous.

Premier jour de stage

Dès le lendemain matin 9h, nous attaquions notre workshop dans la même salle que celle de la représentation d’Imago.

L’arrivée des participants se fait un peu au compte goutte, par conséquent, nous avons un peu du mal à faire démarrer le stage. Finalement, nous nous mettons en cercle sur la scène et nous faisons connaissances avec les différents participants. A notre grande surprise, nous découvrons des participants bien différents de ce que nous avions pu imaginer. Nous n’avions pas uniquement des étudiants de l’université, mais également des marionnettistes en activité, un chauffeur de taxi, une enseignante en danse indienne, un père qui a repris ses études pour prouver à son fils qu’il est encore capable de l’étonner … En tout, ils sont une vingtaine ce qui nous fait bien plaisir car nous n’avions pas vraiment d’idée du nombre de participants.

Nous présentons le déroulement des quatre jours de stage et la manière dont nous envisageons de travailler. Nous précisons également aux participants qu’à la fin du stage, il y aura une présentation publique de leur travail et que nous les invitons à être présents pendant l’intégralité du stage pour préparer cette présentation dans les meilleures conditions possibles.

Rapidement, nous constituons 4 groupes pour répartir les étudiants autour des boites. Nous leur bandons les yeux et nous leurs demandons de glisser délicatement leur main dedans. Ce passage était très émouvant pour moi et également très marrant. Certains avaient peur du contenu des boites et n’osaient pas glisser leur main trop profondément, d’autres y allaient franco, puis s’arrêtaient un instant un peu surpris, interloqués, d’autres explosaient de rire au contact des matières … Ensuite, nous leur avons demandé de dessiner et d’écrire ce premier contact avec les boites de manière individuelle, puis de manière collective au sein de chaque groupe. Nous sentions déjà de nombreuses interrogations concernant cet exercice. Les participants semblaient pour la plupart perdus face à notre proposition… mais nous restions confiants dans le déroulement du stage.

Nous les quittons en leur demandant de revenir le lendemain avec un début de proposition et pourquoi pas certaines matières susceptibles de les aider dans la construction scénique de leurs ressenti.

Deuxième jour de stage

Le lendemain, nous étions satisfaits de voir que les participants étaient presque à l’heure… Rémi leur propose un travail d’échauffement basé sur la respiration et l’écoute de ses partenaires. C’est très amusant de voir Rémi poser sa main sur le ventre de certains participants, leur demandant de se concentrer les yeux fermés sur leur respiration, les petits mouvements de leur corps et les bruits autour d’eux. Il faut savoir que nos participants sont vraiment très difficiles à canaliser et à calmer. Ils sont survoltés et n’arrivent pas à rester concentré bien longtemps. Il s’agit donc d’un véritable défi pour Rémi mais qu’il relève avec beaucoup de patience.

Ensuite, Rémi propose un travail d’équilibre de plateau où les participants doivent se mettre à marcher en occupant tout l’espace du plateau sans créer de vide. Cet exercice est également difficile à mettre en place et les participants ne prennent vraiment du plaisir que lorsque Rémi demande à l’ensemble du groupe de reproduire les mouvements et les sons d’un meneur. Très rapidement, les participants se mettent à reproduire des mouvements typiques de danse balinaise ou de « topeng » (theatre de masque). Cela nous fait bien rire, il y a une véritable énergie sur le plateau !

Ensuite, les groupes proposent les uns après les autres une première forme de recherche. Sans rentrer dans le détail des propositions de chaque groupe, j’ai bien envie de vous faire partager la réflexion du groupe qui a eu la boite avec les éléments aquatiques. Ils ont retrouvé dans les matières de la boite les éléments des « quatre frères ». Cela est un mystère pour nous mais Audrey, qui se charge de la traduction du stage, nous explique qu’à Bali, à la naissance d’un bébé, les parents conservent dans une boite le liquide amniotique, le placenta, le corps jaune et visqueux autour du placenta et le cordon ombilical. Ils enterrent ensuite cette boite dans le jardin de leur maison. Ces quatre éléments sont appelés les « quatre frères » et ils seront présents toute la vie du nouveau né et notamment dans ses prières. Ainsi, l’eau, la gélatine, le plastique de notre proposition les ont directement renvoyés à cette coutume. Rémi leur propose alors de travailler sur la représentation de ces quatre éléments sur le plateau mais également de travailler sur la représentation du nouveau né. Ce deuxième jour de stage était très intéressant et nous faisait vraiment prendre conscience de la rencontre entre deux cultures.

Le soir nous passons une très agréable soirée avec l’ancien professeur de batterie de Rémi et l’ancien directeur de l’espace sport et culture de Gémenos, Roger Cot. Il s’agit pour moi d’une première rencontre vraiment très plaisante et l’évocation de notre petite ville me fait beaucoup de bien au bord de sa piscine… C’est un drôle de monsieur (dans tout les sens du terme), touchant et qui relève le défi d’avoir tout quitté la tête haute avec beaucoup de courage et de passion.

Troisième jour de stage

De mémoire, cette journée a été la plus éprouvante pour nous. La veille de la représentation, il convenait d’avancer concrètement sur les propositions des participants mais leur dispersion dans le travail devenait de plus en plus ingérable : téléphone en plein échauffement, distribution de carte de visite entre eux, grignotage en permanence, entrée et sortie de scène, présence de certaines personnes extérieures au stage commentant le travail sur le plateau, jeu sur les instruments de musique en place, blague un peu enfantine sur la présence de 3 françaises au stage (Audrey, Ophélie une étudiante de Dijon en formation pour un an à Bali et moi …).

Je pense que ce qui nous a le plus décontenancé, c’est surtout le fait que le travail que nous avions effectué la veille avec le groupe de la « boite de ficelle » n’avait abouti à rien. En effet, la proposition n’avait plus rien à voir avec la veille… Cela nous inquiétait particulièrement car nous sentions l’échéance arriver et le travail stagner.

Heureusement, après cette journée pénible, nous avons pu nous détendre toute la soirée à Ubud avec David et Natacha. Nous nous sommes retrouvés là bas pour voir un spectacle de « kecak » et de transe. Il s’agit dans la première partie du spectacle d’un chœur d’hommes positionnés en cercle et chantant des musiques balinaises puis en seconde partie d’une transe où l’un des chanteurs marche sur des braises de noix de coco. Un spectacle vraiment impressionnant qui nous a permis de mieux comprendre l’énergie de nos participants.

Dernier jour et présentation du stage

Nous nous sommes retrouvés trois heures avant la représentation. Il s’agissait de la préparation finale. Nous avons eu de nouveau de grosses surprises quant à la proposition du groupe de la « boite ficelles » car elle changeait de nouveau profondément de sens. Heureusement pour nous, elle allait dans le bon sens ! Et nous avons découvert avec un grand soupir une proposition vraiment intéressante de danse sur le thème de l’emprisonnement d’un oiseau, de ses tentatives d’envol et de la manière dont il narguait les éléments de son nid qui finalement le rattraper et le ré-emprisonner pour le punir de son orgueil.

Finalement à l’exception de la proposition d’Ophélie (boite avec les éléments en métal), nous n’avons pas eu beaucoup de propositions de marionnettes, mais plus des recherches sur la danse et sur le corps de l’acteur. Je vais arrêter de vous en parler plus et je vais laisser découvrir les photos de la représentation afin de vous permettre d’en apprécier le résultat.

Juste pour conclure, j’ai envie de dire que cette expérience d’échange nous a particulièrement éprouvés mais dans le bon sens du terme. Elle nous a vraiment donné l’occasion de vivre un échange entre deux approches de la pratique du spectacle vivant. Il est nécessaire de ne pas vouloir tout maitriser et surtout de croire en la grande capacité d’improvisation des balinais. Certes, les exigences des metteurs en scène occidentaux se justifient et je pense qu’il est dommage que les participants ne se soient pas plus laissé faire par les conseils de Rémi, mais je pense qu’à Bali ce type de travail est vraiment difficile à mettre en place et qu’il convient d’une certaine manière de le respecter.
Sandrine

 

 

Confirmation du Festival International de Hué !

Posted in art, indonésie, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre, voyage on 22 avril 2010 by theatreimago

Bonjour à tous,

Juste un petit billet pour vous informer que le service culturel de l’ambassade de France à Hanoï ainsi que le Théâtre National du Vietnam ont confirmé par écrit leur souhait de programmer « Imago » en juin prochain.
C’est la première fois qu’une création de Désaccordé fait l’objet d’une telle reconnaissance et nous souhaitons nous appuyer sur cette reconnaissance nouvelle pour permettre à Désaccordé de passer un cap.
En effet, depuis trois ans, nous fonctionnons en auto-financement grâce à la grande générosité de nos adhérants et grâce aux finances personnelles de notre couple alimentées par un travail à temps plein aux Pages Jaunes pour Rémi, à la Société Générale pour Sandrine.
Ce modèle économique n’est bien sûr pas viable à long terme et nous devons déclencher des soutiens financiers qui pérennisent l’aventure, nous libère de nos CDI respectifs et nous permettent de nous consacrer pleinement aux activités de création et de formation.
Pour permettre à l’association de passer ce cap de la professionnalisation, il faut que les bonnes nouvelles fassent boules de neige, qu’elle soit diffusée auprès de responsables de collectivités territoriales, d’élus, de responsables de la vie économique.
La survie de Désaccordé passera par des ventes de spectacle auprès des collectivités territoriales, par des conventions de mécénats auprès d’entreprises et par des co-productions auprès des institutions culturelles.
Même si chacun n’a pas ce pouvoir décisionnaire, il peut en parler à quelqu’un qui en parle à quelqu’un qui en parle à quelqu’un…
Vous connaissez l’histoire des petits ruisseaux…
Si vous voulez plus de renseignements sur la compagnie, sur sa démarche et sur les possibilités de conventionnement, vous pouvez joindre Cécile en France qui veille sur la « maison » ou bien vous pouvez nous écrire par mail.

Je profite aussi de ce message un peu téméraire pour remercier encore une fois toutes les personnes qui soutiennent actuellement la compagnie, c’est à leur soutien que nous devons cette nouvelle aventure vietnamienne.

Enfin, vous trouverez ci dessous les lettres d’invitation ainsi que la revue de presse de notre étape balinaise, nous n’avons pas eu le temps de la traduire mais nos correspondants balinais nous ont assurés qu’elle était sympa…
Je vous prépare un billet vous racontant cette étape plus dans les détails.
Bise à tous depuis Yogyakarta sur l’île de Java.
Rémi


press_review_imago

Hati, hati, Hari jumat, Perancis Wayang ! (attention, attention, vendredi, des marionnettes françaises ! ) Tampak Siring Episode 2

Posted in art, indonésie, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre, voyage on 10 avril 2010 by theatreimago

Une semaine, c’est bien court… A peine avions nous fini l’atelier de marionnettes, à peine fallait il penser à tous les aspects pratiques de la représentation du vendredi. Faire vite une petite affiche de communication, découvrir la scène et ses possibilités techniques, inventer une régie avec le matériel qu’ils vendent sur place, former David au spectacle et retrouver nos propres marques dans un spectacle que nous n’avions pas joué depuis décembre… Généralement, dans ce genre de situation, deux sillons se creusent alors sur le haut de mes sourcils et je sais qu’ils ne se relâcheront qu’après le spectacle. Etre concentré et anticiper les actions avec quatre coups d’avance dans un environnement inconnu… Avec Sandrine, nous décidons de commencer par la faisabilité technique et la communication avant de repenser au jeu. Sandrine nous concocte une belle petite affichette sous les compliments appuyés du directeur de l’école, Hamid, qui ne manque pas une occasion de poser avec elle sur les photos. Pendant ce temps, je retourne à Tirta Empul mardi pour revoir le « Wantilan » (nom des lieux de représentation généralement accolés aux temples).

Une fois de plus, nous étions bien tombé : le lieu était suffisamment grand (16m sur 16 m) et assorti de nombreuses prises électriques tous les deux mètres. Face au Wantilan, une superbe villa hollandaise nous surplombait du haut d’une colline à la pelouse verdoyante. Cette villa fut construite par Sukarno dans les années 60 pour vivre ses amours avec ses nombreuses femmes. Même si Sukarno est destitué depuis 1967 et mort depuis, les locaux l’appellent toujours « Rumah sukarno ».

Juste à côté du Wantilan, se trouve le temple de Tirta Empul avec ses sources sacrées. Près de 20 jets se déversent dans deux bassins grâce à un système de canalisation datant du XIIème siècle. Chaque jet a sa signification. Seuls deux jets sont à éviter, ils correspondent à des événements particuliers : un décès, une maladie grave. Les sculptures autour des deux goulots se distinguent nettement par des formes plus imposantes. Même si le spectacle prenait beaucoup de place dans ma tête, j’ai voulu prendre le temps de ce rite généralement pratiqué par les locaux et les pélerins. Pour les hindouistes, il n’y a aucun problème à ce qu’un étranger pratique les mêmes gestes, l’eau est pure pour chacun. Dewa, Jéro et David m’accompagnent et nous voilà revêtus des sarongs d’usage. Nous pénétrons dans les bains et la procession devant les jets débutent. Des familles entières sont là pour baigner les enfants, la grand-mère, la mère, la sœur, le Père… il est convenu de baigner sa tête sous le jet à trois reprises et d’amener l’eau à sa bouche trois fois tout en faisant des vœux pour ceux que l’on aime. Parfois, nous attendons longtemps avant d’atteindre le jet car une personne prie plus longtemps. Durant l’attente, les enfants grelottent alors sous l’effet de cette eau fraîche. Arrivés au jet, certains pèlerins prennent le goulot entre leurs deux mains et pratiquent un mouvement de va et vient de leur tête presque violent. Je n’entends pas de mantras, l’incantation est intérieure. Je me sens bien dans ce baptême hindouiste. Déjà, la veille, nous étions allés à une cérémonie du quartier juste à côté de la maison. Le son du gamelan, le banquet d’offrandes, les danses des guerriers et des princesses nous avaient conduit tout naturellement au moment final de la prière où les balinais nous ont invités en nous donnant rapidement des fleurs pour que nous fassions les mêmes gestes. Le prêtre est venu, trois fois sur la tête, trois fois l’eau à la bouche. Sandrine était tout étonnée de participer à une prière pour la première fois de sa vie. Après le bouddhisme thaïlandais, le confucianisme vietnamien, l’étape balinaise était sous le grand patronage de Visnu. Ce voyage de religion en religion m’a permis de comprendre à quel point l’hindouisme est une des seules à utiliser aussi ouvertement les arts de la scène dans ses rites. A l’école de Sandie, tous les jeudis matins sont consacrés à l’apprentissage des danses traditionnelles. De même, trois fois par semaine, les hommes se réunissent le soir pour répéter les mélodies du gamelan. La représentation collective d’un acte « artistique » fait partie du quotidien de chacun.

Ce caractère rituel omniprésent m’a fait repenser aux sources grecques du théâtre : les représentations dédiées à Dionysos. En France, cette source religieuse du théâtre restait un peu comme un chapitre de mon cours d’histoire dont la réalité est à jamais perdue. Ici, cela devient concret dans ma tête et je m’aperçois à quel point la dimension rituelle change tout dans le rapport à l’acte artistique. A l’exception des lieux touristiques très rémunérateurs, les balinais ne jouent pas pour un public, ils jouent pour d’autres raisons. Le soir de ma baignade sous les jets sacrés, nous avons assisté à une autre grande cérémonie du quartier. En l’espace d’une heure, divers éléments très disparates se sont agrégés sous nos yeux et un chaos indescriptible s’est construit lentement : D’abord, il y a le « gamelan » composé de xylophones dont la vibration est assurée soit par des grosses lames de métaux, soit par des sortes de bols renversés. Cet orchestre uniquement composés de percussions métalliques réunit près de 25 musiciens tous issus du quartier un peu comme nos anciens orphéons municipaux. Le son de la « fanfare gamelanesque » est magique : Pour éviter la saturation des sons, les musiciens arrêtent la vibration des métaux avec leur main dès que le marteau a créé le son. L’ensemble donne l’impression d’être dans une grande forge harmonique rythmée par des cadences aux cycles irréguliers et toujours harmonieux. Des accélérations et des montées en puissance soudaines se gravent alors dans votre corps d’une manière profonde, presque inconvenante. Le son du gamelan est une porte vers le moment rituel. Dans un coin près du gamelan, deux acteurs préparent à revêtir leurs masques « topeng ». Le second élément du chaos se met alors en place. Les acteurs débutent leur succession de saynètes tantôt dansées tantôt parlées en changeant souvent de masques. Le gamelan se connecte à leur jeu et je remarque que chaque apparition de masque fait l’objet d’une accélération brutale du rythme. C’est alors que nous percevons très clairement le lien existant entre le gamelan et les postures physiques des danses balinaises : Les pieds ouverts à 180 °, les bras soulevés en forme d’angle permettant aux mains de s’exprimer pleinement grâce au mouvement d’un doigt, des têtes montées sur roulement à bille qui effectuent des mouvements de droite à gauche soudains. Avec des moments de quasi immobilité ou seul une partie du corps bouge et des changements de postures violentes et soudaines, la danse balinaise est un curieux mélange d’hiératisme et de violence. Tandis que les deux masques poursuivent leur jeu sur un tout petit espace sans faire l’objet d’une très grande attention de la part de l’auditoire, le troisième élément du chaos débute. Sur une petite scène entre le banquet d’offrandes et les deux masques topeng, un dalang sort les marionnettes d’ombre, en plante quelques unes dans un énorme tronc de bananier et commence à en faire parler d’autres accompagné par le son de deux petits xylophones qui jouent en même temps que l’autre grand gamelan. Cela se passe dans l’indifférence la plus totale. Dans le même temps, un quatrième élément vient s’ajouter : les danseuses se mettent en place pour effectuer leur chorégraphie puis un groupe d’anciens commencent à chanter dans un micro des prières puis des femmes s’assoient entre les offrandes et les deux masques topeng et chantent à leur tour des mantras. D’autres discutent le « bout de gras » comme au marché. Le chaos est constitué et il dure près d’une heure.

Dans ce chaos, la notion de jouer pour un public était totalement absente, ils jouaient dans un autre but : ils réactivaient des forces, ils participaient à un univers plus grand qu’eux. Dès ce soir là, nous savions que nous jouerions « Imago » dans des conditions de brouhaha et de mouvements perpétuels, nous savions que nous devions nous mettre en tête de jouer Imago pour Imago lui-même, pour réactiver ce en quoi il participe au monde. Même si personne ne venait, nous étions dès lors persuadés qu’il fallait que nous jouions comme ce dalang qui jouait le Ramayana sans être regardé excepté par Sandrine qui cherchait en vain le pourquoi du secret. Pour ma part, c’est le degré de chaos qui me fascinait. Toute cette douceur du jour, cette lenteur du quotidien, ces efforts méticuleux des offrandes se renversaient le soir venu pour un court instant de défoulement. Je pensais alors à la puissance que devait revêtir la tragédie quand elle avait toute sa dimension rituelle. Je pensais à tout cet effort poétique dédié au chaos, à la mort d’Hyppolite terrassé par les monstres de Poséidon, au suicide de Phèdre, au suicide du Roi Majapahit, ce roi javanais qui provoqua un vaste suicide collectif lorsqu’une prophétie annonça la chute de son royaume et l’avènement de l’Islam sur sa terre. Le reste de sa cour fuît vers Bali faisant de cette île cet oasis hindouiste. Beauté et Chaos

Ce tout autre rapport à la représentation a créé aussi des moments comiques lorsque nous avons demandé à poser des affiches au Wantilan. Les trois gardiens chargés des vestiaires pour les pèlerins ont regardé l’affiche avec beaucoup de méfiance et la délibération assez vive fut suivie d’un « tidak » (non) assuré comme si le choix de refuser était profondément bon. Nous nous sommes contentés alors de poser notre petit format A4 sous le Wantilan persuadé que personne ne le verrait… Tracter parmi les familles du quartier était aussi une belle expérience. La traduction de marionnettes et de théâtre se confond sous le terme générique de « Wayang ». Sandrine et moi n’avions vu ce terme que dans les magnifiques livres sur les marionnettes asiatiques et cela nous faisait tout drôle d’entendre Dewa expliquer que nous étions des « dalang » (terme généralement utilisé pour les maîtres de marionnettes) et que nous allions faire du « Wayang ». Tout de suite, nous précisions que c’était du « perancis wayang » (marionnette française) et même cela nous intimidait tant nous ne sommes pas représentatif des pratiques françaises. Bref, à un moment, il faut quitter les préventions du monde culturel français avec ses dossiers, ses cloisons et ses légitimités pour redevenir simples. Qu’étions nous venus chercher ici sinon l’essentiel ? La devise des compagnons du tour de France que mon grand père répétait souvent me revenait alors en tête : « tout est compliqué avant d’être simple ». Je crois qu’il faut marcher loin avec sa pratique pour le comprendre.

« Simple », c’est vrai qu’il fallait faire simple si on voulait jouer trois jours après. Mais comme d’habitude, la dimension technique compliquait tout. Comment faire la régie d’Imago avec quatre petits projecteurs de 50 watts, deux lampes de chevet à batterie solaire, et trois lampes pour les ombres ? Comment relier tout cela à une seule personne qui pourra lancer et faire varier le tout selon la situation de la pièce ? Là encore, nous avons eu beaucoup de chance avec la présence sur place de David et Natacha, les deux volontaires français de l’école. Ayant dirigé à plusieurs reprises des colonies et des centres d’animation, tous deux savaient ce qu’une échéance signifiaient et ils nous ont offert leur semaine, leur disponibilité, leur connaissance du quartier avec beaucoup de générosité. Ils nous ont aussi permis à ce que les choses avancent en dépit de la temporalité si spéciale à Bali où les choses se font par des chemins inconnues de nous. Autant, une maison peut se construire en deux semaines grâce à une mobilisation exceptionnelle de tout le quartier, autant des petites demandes peuvent prendre des mois avant de se réaliser. Grâce à David, sa bonne volonté et sa moto, les problèmes pouvaient être pris et résolus un à un. Aller dans les quincaillerie, comparer les prix et le matériel, refaire les schémas de connexion sur un petit bout de papier, penser aux différentes séquences de jeu, accorder les prises mâles et femelles, prévoir les interrupteurs et les variateurs, ma tête bouillonnait mais à chaque moment de surchauffe, David me sortait une blague, désamorçait mon stress avec son grand sourire. Avec lui, Bali se teintait de couleurs antillaises. En deux jours, tous les problèmes de régie étaient résolus. Natacha aussi participa grandement à désamorcer le stress de Sandrine grâce à un gâteau au yaourt délicieux. Sur le sofa, Sandrine poussa un soupir de soulagement explicite. Ce gâteau eut l’effet d’une Magdeleine de Proust. Tout de suite les évocations du goûter d’enfant nous sont revenues et nous nous sommes mis à rire devant Dewa et Jéro qui ne comprenaient pas notre extase. Le soir, nous nous retrouvions devant les séries « Bintang » de la télévision indonésienne et Dewa me faisait réviser les quelques mots appris dans la journée.

La semaine passa à une vitesse fulgurante et nous sommes vite arrivés au moment de la représentation. La veille, nous avons passé notre journée au Wantilan pour laver le sol, faire tous les essais dans les conditions réelles. David notait scrupuleusement chaque indication, Sandrine retrouvait ses marionnettes et essayait l’effet du carrelage sur la mobilité de la fourmi. Une grande pluie tropicale s’abattit alors sur le wantilan et tous les visiteurs se sont réfugiés près du décor. Même pris dans mes préoccupations de metteur en scène, j’avais du mal à croire que tout ceci était réel et que nous allions jouer le lendemain.

Tout devait être démonté et rangé pour 21h si nous voulions stocker le décor dans un endroit sûr. Avec Sandrine, nous avons alors couru pour poser tous les marquages au sol et régler les projecteurs dans les conditions de nuit. A 20.30, tout était prêt pour le lendemain et nous pouvions démonter tranquilles. Une fois, le décor rentré dans sa boite, nous étions contents de la journée, nous pouvions partir sereins. C’est alors que nous avons entendu un bruit de sparadrap, nous nous sommes retournés et nous avons vu Dewa tout fier d’avoir nettoyer le sol en décollant tous nos marquages… C’est dommage qu’aucune photo n’ait alors immortalisé nos visages. Sandrine eut les pattes coupées et pour ma part, je réprimais un accès de colère en répétant à Dewa « tidak masalah » (pas de problèmes…). Je pense qu’il a tout de même bien pris conscience de sa bêtise car nous ne l’avons presque plus vu le reste de la soirée…

remi

Le lendemain accompagnée de David, nous avons remonté notre décor, en essayant le visage collé au sol, de retrouver de petites traces de sotch resté au sol. Une gymnastique du matin qui nous a bien fait rire et surtout nous a rappelé qu’ici il ne faut pas trop anticiper et laisser venir les choses. Cette journée de montage fut également une journée très vivante au temple. Nous avons vu de nouveaux défiler de nombreuses familles, des touristes japonais, coréen … Mais notre plus grande surprise fut lors de l’arrivée en début d’après midi d’un cortège de cérémonie avec plus de 200 personnes, des prêtres, de gamelans, des danseuses et des guerriers habillés dans de splendides costumes. Pendant que le cortège s’installés devant les bains et dans le temple pour la cérémonie, deux gamelans se sont installés juste devant le wantilan. Nous avons donc fini d’installer la technique avec une musique ambiance qui nous a changé de celle que nous passe généralement Loïc pour nous détendre et nous donner du cœur à l’ouvrage … Pendant notre pause, nous avons pu profité de prendre en photo les danseurs et danseuses… C’était tout simplement hallucinant de voir notre décor d’Imago en fond et la cérémonie en avant scène. Un mélange et une rencontre improbable et pourtant bien réelle.

Notre installation présente depuis deux jours dans le wantilan attirait beaucoup de regard curieux. Petits et grands venaient à tour de rôle nous demander ce que nous étions exactement entrain de préparer et se retrouvaient souvent devant notre valise à moitié ouverte, depuis laquelle on pouvait voir sortit des petits objets insolites et de marionnettes bien différente des wayang kulik. Afin de pouvoir se libérer de toutes les questions que nous suscitions et libéré un peu l’espace derrière l’écran, David a improvisé des jeux à la corde à sautée avec les enfants qui nous ont permis de les occuper pendant un bon moment et de faire rire les anciens à la vu de la douce relation que nous avons établis avec ces gamins tous étonnés d’avoir une autre relation avec des étrangers. D’habitude, muni de nombreux parapluies ils attendent l’averse et accompagne les touristes pour qu’il évite de se tremper moyennant quelques rupiah.

L’heure de la représentation est proche, nous sommes prêt : David revoit ses derniers effets lumières et sons, nous nous maquillons dans un petit coin du wantilan un peu sombre et pourtant le public se fait rare. Quelques enfants arrivent enfin vers 19 heures, heure de la représentation. Nous sommes inquiets, le bouche à oreille a-t-il bien passé ? Existe-t-il un quart d’heure Balinais ? Nous attendons inquiet derrière notre écran que David se met à annoncer le début du spectacle en Bahasa indonésia avec son micro. Le spectacle commence. Très vite, dans les 10 premières minutes du spectacle, nous voyons le wantilan s’emplire. Devant, sur les cotés, derrière l’écran du monde, du monde de partout. Notre écran prend la même place que l’écran des wayang kulik, il est aussi important de voir l’effet de l’ombre que la manipulation. Je ne suis pas habituée à avoir du monde juste à coté de moi et je me rends compte que leur présence et finalement plutôt agréable. Je ne suis plus la seule à partager mes secrets d’interventions. Nous avions peur que notre spectacle se noie au milieu du bruit et finalement, il s’est plutôt noyé au milieu du monde. Nous étions très contents de voir que les enfants balinais riaient exactement au même moment que le jeune public français. Les images que nous avons crée permettent un approche identique ce qui nous rassure profondément. Chaque apparition de marionnette est acclamée par des applaudissements ce qui nous fait intérieurement bien rire. A la fin du spectacle, le public est presque déçu que le spectacle s’arrête. Ils en veulent encore, ils auraient voulu voir d’autres marionnettes, d’autres images… Dewa nous explique que si le spectacle avait duré plus longtemps, il y aurait eu encore plus de monde car les balinais arrivent toujours progressivement, à leur rythme… On aurait presque pu faire deux représentations d’affilées pour satisfaire les retardataires.

Sandrine

Les images de la seconde étape

Posted in art, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre on 12 janvier 2010 by theatreimago

Pour ceux et celles qui n’ont pas eu l’occasion de voir la seconde étape de travail du spectacle, voici quelques photos à découvrir.

Quelques heures avant le spectacle, l’équipe s’active :

la lumière, le son

les derniers accessoires

le maquillage

Imago en « tournée »

Posted in art, marionnette, ombre, spectacle vivant, théâtre on 18 décembre 2009 by theatreimago

Oh la, la… Vous avez vu ça, on parle de « tournée » maintenant…
Imago prend une ampleur planétaire lorsque la compagnie se déplace à Peyrolles en Provence et à Saint Symphorien sous Chomérac (Ardêche) !

Et bien, je peux vous dire que ces deux villages recèlent des histoires humaines bien dépaysantes. A Peyrolles par exemple, nous avons trouvé un « marché de la création pour les enfants » organisé de main de maître par l’association Ornicarink. Plus d’une dizaine d’exposants proposaient des objets, des livres, des décorations faites à l’attention des enfants. Pas de fausse naïveté dans cette manifestation, pas de définition formatée des « enfants rois », que des pièces uniques faites pour des enfants qui courraient dans tous les sens. Lorsque le moment du spectacle a démarré, ils ont arrêté de courrir et se sont laissés happés par notre étrange Imago planté par la tête.
Cela faisait un mois que nous n’avions plus joué et nous avons retrouvé avec plaisir nos sensations, nos marionnettes et cette attention particulière que nous accorde les enfants.
Le mieux reste leur commentaire durant le spectacle.
« C’est une plante ! »
« non, il a des mains! »
« Il a pas le droit de manger la pomme, elle est à la fourmie ! j’suis pas d’accord ! »
« Pou-poum, pou-poum ! »…
Chaque représentation est ponctuée par ces réactions spontanées que seul le public d’enfants permet.
Pour nous, le tract est sans cesse palpable. « vont-ils accrocher à notre histoire ? », « l’ecoute sera -t-elle sensible ? », « les fils de la marionnette ne vont ils pas s’emmêler ? L’adhésif de la lune tiendra-t-il ? »…
Puis l’histoire démarre, la concentration se fait autour de notre bulle théâtrale, une sorte de suspens se fait dans notre psychisme et sans nous en apercevoir, nous sommes déjà à la fin du spectacle.
C’est toujours bizarre quand les applaudissements se font, ils nous sortent d’un état en forme de parenthèses et nous regardons ce public que les projecteurs nous empêchaient de voir clairement, nous saluons tout en ayant un souvenir confus de ce qui s’est passé. Le souvenir d’une représentation est parcellaire, des bribes de moments intenses et de désarroi nous reviennent et rien n’est continu.
Il n’y a que quand on se pose dans la loge pour se démaquiller que je reprends mes esprits, que j’essaie de voir à quel endroit j’étais pour cette représentation.
Car, pour chaque représentation, nous devons renouveler l’enjeu;
pour chaque représentation, les enfants découvrent notre propos pour la première fois;
pour chaque représentation, le spectacle n’est pas exactement le même.

Avec Peyrolles, nous retrouvions notre propos, avec l’étape ardêchoise, nous étions plus rodés. Moins de stress pour le montage, meilleure organisation des complémentarités de chacun et surtout un accueil formidable !
Je profite de ce blog pour remercier chaleureusement Françoise la Directrice, Marie-Chantale l’institutrice de maternelle et toute l’équipe de l’école. Imaginez un petit groupe scolaire entouré des montagnes d’Ardêche avec un vent froid qui balaye nos visages peu habitués et nos lèvres gercées par le froid.
A l’intérieur, la chaleur n’est pas seulement issue des radiateurs, elle est dans le visage et les yeux des instit qui nous accueillent avec le « thé de Noël », du Panettone moelleux et des sablés confectionnés par les enfants.
Des réalisations d’enfants transforment ce groupe scolaire en véritable galerie d’art, Sandrine pousse des cris d’émerveillements à chaque objet : « regarde, c’est fait en chocolat! », « tu as vu les fresques rupestre faites par les enfants ! « …
Sans dénigrer les autres écoles où nous sommes allés, je dois avouer que je suis émerveillé par cette petite utopie réelle. Déjà, toute l’équipe pédagogique donne un coup de main à la directrice pour occulter les fenêtres afin que le noir se fasse, cela nous donne du coeur à l’ouvrage et nous attaquons le montage avec entrain malgré les trois heures de route. A 20h tout est prêt, nous pourrons revenir demain matin et jouer à 10h sans souci.
Marie Chantale, l’instit de maternelle nous reçoit chez elle à Privas. Elle nous a préparé des bons petits plats que nous dévorons avec un bon syrah du coin. Malgré la fatigue, nous parlons à batons rompus avec cette aventurière qui a vécu au Maroc, au Sénégal et au Mali, puis Loïc, notre régisseur, part sur le sujet de l’alimentation bio et nous assistons alors à une joute verbale entre deux pros des alimentations alternatives…
Infatigables !
Je crois que c’est la marque des gens éveillés. Toujours vigilants, toujours vivants, toujours bienveillants ! J’étais très heureux de voir comment notre petite compagnie se constitue aussi comme un petit rêve, comme une goutte d’eau qui en rejoint d’autres pour former des nouvelles mers, des nouveaux rivages…
Pour ce qui est de la représentation, elle s’est bien passée. Jouer le matin amène une autre énergie pour nous et les enfants sont plus attentifs car moins fatigués.
Après la représentation, nous avons partagé un repas de cantine avec les instituteurs puis nous avons chevauché notre camion de location pour revenir à Gémenos.

Oui il s’agissait bien d’une tournée planétaire…

Avant de cloturer cet article, je souhaite saluer une personne qui nous a permis de jouer dans ces deux endroits. En effet, les organisateurs de Peyrolles et de Saint Symphorien nous ont appelé sur les conseils de Claire-Lyse Leynaud qui dirige la Compagnie Rosa Roberta(www.rosaroberta.fr). Nous lui en sommes très reconnaissants.

Il n’y a pas de compagnie sans compagnons… Merci à vous.

rémi